Sonia et son petit élève qui crie: la salle des maitres

Publié le par isa

salle des maitres

Sonia écrit :

 

J'ai une classe de PS/MS et j'ai des difficultés pour canaliser un petit qui n'arrête pas de pousser des hurlements, cris ou petits bruits quand je lis une histoire ou quand c'est l'heure de se ranger. Le pire même quand je le mets sur la chaise pour "réfléchir" il n'arrête pas!!! J'ai beau lui rappeler les règles mais il rigole... je ne sais plus quoi faire, je n'arrive plus à faire classe à cause d'un élève! J'en ai parlé à la maman, elle le réprimande devant moi, il est tout sage mais une fois partie il n'en fait qu' à sa tête!!! Comment faire pour que cet enfant apprenne à respecter les règles et à devenir élève????


Je vous remercie de bien vouloir m'aider.

Publié dans la salle des maîtres

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Joëlle 20/12/2012 08:36


J'ai le même modèle, en version fille !!!


Sauf que la maman N'EN PEUT PLUS non plus, et que la petite la provoque à longueur de temps (parents séparés).


Bien sûr, elle est à côté de moi pendant le regroupement et l'histoire. La voilà qui se lève, qui bruite, qui se couche par terre et lève les jambes en l'air, qui pousse le copain d'à côté, j'en
passe et des meilleures, vous connaissez sans doute.


Et si ce n'était qu'en regroupement !


Première solution : on explique. Bof ! Elle me regarde avec ses beaux yeux bleus et me sourit en fronçant le nez (du style "cause toujours, tu m'intéresses...)


Chaise à grandir ? Elle pousse la chaise en la faisant racler sur le sol, elle se lève pour taper sur la vitre et faire coucou à l'ATSEM...


Je deviens ferme et je me fache ? Pffffffff !!!! Elle me regarde d'un air contrit, mais je sens bien que, même si elle se calme 2 minutes, ça ne durera pas...


Bref : RESPIRATION ABDOMINALE...


Entrevue avec la maman (que je plains beaucoup !!!!). J'apprends un très lourd passif familial qui doit expliquer beaucoup de choses.


Aide de la psychologue scolaire qui est venue l'observer en classe, et CAMSP en vue.


Et oui, la première année de maternelle, c'est l'année de la prévention.


Mais le temps qu'on s'assure qu'il y a un réel problème (parce qu'on ne va pas alarmer tout le monde le premier mois), + le temps de concertation avec les parents (qui parfois ne veulent pas
voir), + le problème de disponibilté de la psy scolaire, déjà over bookée dès le mois d'octobre (parce que l'étendue de son secteur d'intervention est déraisonnable...) + le délai du RV au CAMSP,
+ le délai du bilan du CAMSP, + les possibilités de prises en charge du même CAMSP... ça ira sans doute mieux en moyenne section ?


Bref, les jours passent, et il faut avoir une belle dose de patience et d'optimisme pour supporter. Parce que oui, Sonia, parfois, ma classe aussi "part en vrille" parce qu'un bout de chou va
mal.


Tu vois, parfois, je pense à "la magie de Noël" quand je raconte un belle histoire toute en poésie... et VLAN ! Elle décroche, et tout se gâte !!!


Tu vois, pas de potion magique pour ma part (et pourtant, je suis une "vieille", pleine d'"expérience"...)


Allez, il vaut mieux en rire !!!!


Et demain, c'est les vacances ! Je partagerai mes chansons toutes douces de Noël avec mon petit fils qui m'écoutera avec la plus grande attention !!!

isa 20/12/2012 09:11



ta dernière remarque , Joëlle, est tellement vrai, combien ces petits élèves nous aident à relativiser et à regarder les choses autrement. Lorsque j'ai eu un petit autiste qui ne tenait
pas en place ,se sauvait dés que la porte s'ouvrait, grimpait sur tout et déchirait tout , poussait des cris, j'ai trouvé que mes autres petits élèves étaient parfaitement calmes, ce que je
n'aurais sûrement pas autant pensé sans cet effet de contraste, il nous faut des trésors de patience et surtout une mise à distance, ne pas chercher à l'uniformité, c'est impossible, il y aura
toujours des "bousculeurs", je crois qu'il faut rechercher l'attachement pour se parer contre le rejet qui est destructeur pour tout le monde. C'est difficile ,mais qui a dit que c'était un
métier facile ? 



aude 19/12/2012 22:30


Je te propose de faire un commentaire qui avancerait des possibles. As-toi de faire le tri !


- j'émets l'hypothèse que l'élève est anxieux et qu'il comble un vide intérieur.


- j'émets l'hypothèse qu'il a besoin de s'entendre.


- j'émets l'hypothèse que l'enseignante n'entend plus que ça


-j'émets l'hypothèse qu'il ne sait pas se poser seul.


-j'émets l'hypothèse que les autres enfants profitent malgré tout de la lecture d'histoire.


- j'émets l'hypothèse qu'il explore ses capacités buccales, alors quelles sont souvent entravées par une tétine.


- j'émets l'hypothèse que la bienveillance de l'enseignante et sa proximité physique, peuvent apporter du bien-être à l'enfant.

isa 20/12/2012 08:48



merci Aude, j'aime bien ta démarche et je pense que c'est effectivement dans la recherche de la compréhension que les situations peuvent se débloquer , sortir de l'émotionnel et le
réactionnel pour prendre la juste distance; ayant fait ces hypothèses , l'attitude de l'adulte ne peut que changer envers cet enfant.



Silvia 19/12/2012 14:46


Bonjour Sonia,


la situation que tu évoques nous rappelle à tous des souvenirs je pense!


Voilà ce que je pourrais te suggérer: as-tu essayé de l'asseoir  juste à côté de toi ( en regroupement tu te mets juste à côté de lui au "quoi de neuf ?" par exemple), ou bien si tu lis une
histoire tu lui demandes de s'asseoir juste devant toi en tailleur.


Sinon tu peux lui parler à l'accueil en lui disant qu'il va avoir une grande responsabilité en regroupement ce sera celui de rappeler la règle suivante : " En regroupement on écoute les autres et
j'ai le droit d'être écouté ". Tu lui demandes s'il est d'accord pour avoir cette responsabilité de rappeler la règle à tous, je pense qu'il va accepter et ensuite la reformulation de la règle en
grand groupe tient aussi lieu d'engagement. Si lors d' un regroupement il a été calme ou même à moitié de regroupement tu peux le faire remarquer au groupe et lui demander s'il est d'accord pour
que tous l'applaudissent pour le féliciter. L'encourager au maximum pour chaque petit progrès.


Sinon je te conseille de l'observer en suivant les conseils d'Isa sur l'observation : comment se comporte t-il avec les autres, comment se positionne t'il dans l'espace, quelle est sa relation à
l'adulte?: tu peux faire ça sur un créenau de motricité un peu libre ou en récréation. Cela te permettra de prendre du recul, de mieux le comprendre, de mettre en place des dispositifs plus
adaptés.


Pour le rang tu peux aussi prévoir qu'il donne toujours la main au même enfant (un enfant calme) . C'est à prpéparer en amont avec les deux enfants , il faut trouver un deuxième enfant qui soit
volontaire, et que lui aussi accepte ce dispositif. cela suppose de prendre un moment pour parler à part avec chacun des  deux enfant.


Et puis pour certains enfants , passer un moment dans une autre classe pour bien signifier qu'en l'état des choses le groupe ne peut pas fonctionner cela peut permettre un déclic chez l'enfant
parfois, et en tout cas à toi et au groupe de souffler.


Sinon en atelier il est calme?


Bon courage, dis toi aussi que c'est la période de l'année où les enfants sont le plus excités il me semble et que souvent ils reviennent bien changés des vacances de Noël!

isa 20/12/2012 08:41



merci Silvia d'avoir pris le temps de répondre à Sonia , je suis complètement d'accord avec tout ce que tu as écrit, c'est une période difficile pour les enfants à la fois fatigués par ce
long trimestre et excités à l'approche de Noël, on voit donc des réactions parfois incontrôlables. J'ai eu l'occasion de l'écrire à Sonia, ce petit semble demander de l'attention et tous les
sermons ne l'aident pas, il paraît être dans le contrôle  mais il ne l'est pas du tout. Il me semble qu'il cherche à être rassuré, tu peux lui dire :"je sais que tu es là, je te vois, tu
n'as pas besoin de faire du bruit pour que je te regarde, mais si tu as vraiment besoin de crier alors d'accord, viens avec moi dehors , tu cries un grand coup et ensuite ça ira mieux mais dans
la classe ça fait mal aux oreilles quand un enfant crie" ou bien "X, tu fais du bruit, tu veux me dire quelque chose, vas-y , je t'écoute, tu pouvais aussi me dire " Maîtresse écoute moi", c'est
mieux que faire du bruit ,ça fait mal à tout le monde"