J'ouvre pour la première fois ce blog. son but est d'aider les jeunes enseignants comme les jeunes parents à aider au mieux leurs petits élèves ou petits enfants.
J'ai été enseignante pendant 30 ans et en petite section de maternelle pendant 25 ans. J'ai choisi d'arrêter ce passionnant métier pour suivre mon mari en mutation
professionnelle mais aussi pour m'ouvrir à un autre type de relation d'aide. J'ai toujours pensé que nous pouvions avoir plusieurs métiers dans notre vie.
Cependant , mon plaisir de préparer ma classe et mon désir d'aider les jeunes enseignants ( j'ai le CAFIPEMF)ainsi que les parents m'ont poussé à créer ce blog afin de poursuivre d'une autre
façon ce que j'aimais.
J'essaierai de donner régulièrement préparations , conseils et idées.
Je choisis donc de commencer par le début c'est à dire la première journée de classe en petite section de maternelle.
Cette journée est capitale car elle détermine la dose de confiance que les parents vont vous accorder en fonction de votre accueil, les petits élèves vont absorber cette confiance et réagiront
beaucoup en fonction de l'attitude de leurs parents, il s'agit donc de rassurer les parents pour rassurer les enfants.
Voici donc le texte que je donne aux parents dés le premier jour et qui est aussi affiché en grand:
C'est le grand jour , votre enfant entre dans la vie sociale. Il a encore
beaucoup besoin de vous et pour cette rentrée , il compte sur vous et vous , sur moi. c'est pourquoi je vais vous donner quelques petits conseils.
D'abord, prenez votre temps, ne cherchez pas à vous sauver, votre enfant a besoin d'un peu de temps pour accepter de vous voir partir, néanmoins parlez lui de votre départ ( je vais partir dans
10 minutes ou quand tu auras fini ...) dites lui que vous penserez à lui et que lui auss peut penser à vous, dites aussi ce que vous allez faire ensemble lorsque vous vous retrouverez ( je
reviendrai et on se fera un gros câlin ou bien on ira manger...) , laissez lui quelquechose de la maison ( son doudou, sa tétine, votre foulard ...) . Enfin lorsque vous avez décidé de partir,
partez sans hésiter et soyez en confiance, je vais m'occuper de votre enfant en toute responsabilité. Je me tiendrai toujours et tout au long de l'année à votre disposition pour qu'ensemble, nous
aidions votre enfant à réussir son entrée dans la vie sociale. Bonne journée !
Demain , je vous donnerai l'emploi du temps de la première journée de classe et la place que j'accorde aux parents ce premier jour.
Juste pour vous dire :
Vanessa écrit :
Tout d'abord, un grand merci pour ce trésor de conseils que vous portez si généreusement à notre connaissance. Je démarre pour la première fois en PS/MS à la rentrée. J'ai une question par rapport aux premiers jours: je constate que vous proposez dès le premier jour une activité avec un consigne ' décorer un dessin avec crayons, gommettes ..'Or,j'ai entendu dire qu'il ne fallait pas poser de consigne ( laisser les enfants découvrirent ), les enfants ne savent pas utiliser un crayon, ne comprendraient pas la consigne 'autour'...Comment cela se passe-t-il chez vous? Comment réagissent-ils? De manière plus générale , on m'a conseillé d'insister sur ateliers 'de fonctionnement de vie de classe' durant les 3 premières semaines ( comment se servir de la pâte à modeler, comment s'asseoir, comment utiliser les feutres, comment utiliser les jeux de la cour, comment se servir d'un livre, comment ranger les jeux, etc...)Les apprentissages ( peinture..) venant après, une fois que les fonctionnements sont installés. Quels sont votre avis et vos expériences sur ce sujet ? Merci pour tout vanessa
Ma réponse :
Effectivement Vanessa, je conseille une rentrée scolaire par une mise en activité immédiate avec consigne de travail liée au livre ou à l’évènement vécu par les élèves sans période de « découverte » des fonctionnements.
Quelles sont mes raisons ?
L’observation faite depuis de nombreuses années montre que la facilité d’adaptation des enfants passe par l’activité, plus ils agissent et mieux ils s’adaptent à ce nouvel environnement qu’est l’école, mais agir doit prendre sens pour eux, la motivation qu’ils ont à agir dépend de ce sens que prend l’activité. Les jeunes enfants se lassent très vite, passent d’une activité à l’autre sauf si le but est clairement identifié.
Par ailleurs, la séparation qu’ils ont à surmonter ne les envahit pas , leur esprit est tourné vers la tâche.
D’emblée, l’enseignant leur signifie qu’ils sont dans un lieu d’apprentissage : une école et qu’ils vont devenir élève, c’est symbolique.
Pour autant les fonctionnements sont explicités ( il faut remettre les bouchons aux feutres sinon ils sèchent et n’écrivent plus, tu t’asseois sur tes fesses et non pas sur tes genoux, c’est moins fatigant pour toi….)
Vous me dites par exemple : les enfants ne savent pas utiliser un crayon ou ne connaissent pas la notion « autour ». Faut-il toujours partir de ce qu’ils savent faire et comment atteindre l’étape suivante sans se confronter à la difficulté ? Certains enfants ont besoin de l’année entière pour tenir correctement leur crayon et pourtant ils auront dessiné, tenté d’écrire malgré cette maladresse et ce manque de coordination.
Le plaisir à « faire pour » est un merveilleux élan qui va aider l’enseignant à vivre ces « fameux » quinze premiers jours de petite section de la meilleure façon.
Je m’explique : il faut compter environ 15 jours pour que les pleurs cessent. C’est très difficile nerveusement et moralement. Vous allez constater que lorsque les enfants agissent dans un but, les pleurs diminuent nettement et reprennent de plus belle dés qu’il y a désoeuvrement. Tous les moments critiques sont la récréation, les passages aux toilettes, l’habillage et déshabillage, les regroupements si vous n’avez rien prévu de visuel ou d’auditif ( livre, marionnette, musique …) C’est pourquoi il est important de leur donner du plaisir à « faire pour » pour que le désir d’école se construise, s’affermisse, se confirme.
J’ai parlé des pleurs ( je vais d’ailleurs en faire un sujet d’article) mais il y a aussi l’agitation engendrée par l’inactivité ou la lassitude du « faire sans », c’est aussi une des grandes difficultés à laquelle les enseignants sont confrontés.
Enfin , toute la première période de Septembre aux vacances de la Toussaint , est prévu dans mes préparations un temps de découverte des activités de l’école maternelle avec un travail plus spécifique autour du VIVRE ENSEMBLE ( devenu DEVENIR ELEVE).
Voici mon avis sur le sujet, Vanessa, ce n’est que mon point de vue et je ne réfute pas les conseils qu’on a pu vous donner sur les ateliers de fonctionnement, cependant si vous souhaitez les mettre en place, donnez leur du sens, créez des enjeux, lancez des défis, sollicitez leur imagination car « comment s’asseoir ?» peut devenir d’un ennui risqué. Il faut être ambitieux pour eux et se demander si personnellement on aimerait faire ce qu’on leur propose, si la réponse est NON, abandonnez.
Bon courage Vanessa, je reste à votre écoute.
En répondant à Vanessa, j’ai évoqué une des grandes difficultés de la rentrée : comment agir avec les enfants qui pleurent ?
C’est un moment déroutant et angoissant les premières années.
Il faut accepter cet état de fait.
Heureusement ,cela ne touche pas tous les enfants mais il est vrai que les pleurs sont très communicatifs.
Il me semble important de ne pas précipiter la séparation ,le premier jour, et de laisser le temps à la fois à l’enfant mais aussi aux parents d’accepter cette rupture.
Il y a différents types de pleurs :
Comment agir ?
L’enseignant va rapidement percevoir la meilleure façon de faire , pour ceux qui débutent ,voici quelques conseils nés des nombreuses rentrées en petite section.
Dans le cas n°1 ( pleurs avant le départ des parents), ce type d’enfant a besoin d’être rassuré. Souvent il suffit de passer des bras de Maman à ceux de Maîtresse pour que le calme revienne, ce sont des enfants qui ont besoin du contact physique, ils veulent donner la main, tenir le pantalon, s’accrocher à la blouse de Maîtresse.
Dans le cas n°2 ( crise avec hurlements) ,ce sont souvent des enfants qui ne veulent aucun contact, ils ont besoin de crier pour exprimer leur angoisse. Il ne faut pas chercher à les prendre, il faut veiller à ce qu’ils ne se sauvent pas ( fermer les portes voire à clef si celles-ci donnent sur l’extérieur) et les laisser piquer leur colère, celle-ci ne dure pas. Finalement ils réintègrent le groupe et se montrent souvent actifs.
Dans le cas n°3 ( pleurs à retardement) les paroles et le contact peuvent aider à soulager l’angoisse passagère. Il ne faut jamais nier la douleur de l’enfant « Je sais que tu es triste parce que ta maman et ton papa sont partis, je te comprends, tu vas les retrouver tout à l’heure, ils vont venir te chercher. A l’école, tu apprends aussi à quitter ton papa et ta maman et après vous êtes contents de vous retrouver ; moi , je suis là et je reste avec toi » . Il faut souvent répéter, les enfants veulent entendre les paroles qui les soulagent. Quelquefois j’indique sur l’horloge en collant une gommette l’heure des retrouvailles, bien que petits, ils voient le déplacement des aiguilles et il pressentent le temps qui passe. C’est d’ailleurs aussi pour cela qu’il faut rapidement leur donner des repères visuels du temps pour les aider à attendre ( journée en photos avec petit personnage qui se déplace au fil des activités). J’accepte aussi les doudous, les tétines pour que la coupure ne soit pas brutale.
Dans le cas n°4 ( pleurs inconsolables), je ne vous cache pas qu’il s’agit de la pire situation, de la plus difficile à gérer surtout si elle dure au-delà des fameux quinze premiers jours.
Ce sont des enfants qui ont beaucoup de difficultés avec le groupe, ils ont le souhait d’être seuls avec l’adulte, c’est pourquoi lors des premiers regroupements, il vaut mieux quelquefois les confier un petit moment à l’ATSEM avec laquelle ils se promènent dans l’école plutôt que de faire subir au groupe les pleurs incessants que rien ne calme ni le contact , ni les paroles.
Cependant il faut aussi savoir s’appuyer sur le groupe et quelquefois demander : « Qui veut donner la main à Mickaël, il est un peu perdu sans sa maman et son papa, il faut le rassurer ? » Il y a toujours des enfants prêts à soutenir le petit copain et cela peut fonctionner.
Enfin il y a ceux, rares de mon point de vue, qui ne réussissent absolument pas à projeter le retour de leurs parents et qui vivent comme un abandon chaque séparation. Pour ceux-ci ,il faut beaucoup de souplesse et de patience, il peut être envisagé ( si cela est possible) de garder la maman un peu plus longtemps et progressivement diminuer son temps de présence en classe.
En tout état de cause, l’enseignant doit se sentir en confiance, il sait que ces pleurs sont inhérents à la séparation. Il veille à offrir de la douceur, de la compréhension et de la sécurité. Il se montre très présent y compris aux récréations ( lieu angoissant), il met en place au plus vite des repères temporels et des activités motivantes ayant un sens pour les élèves.
Si le découragement le gagne, qu’il songe qu’à la fin de l’année, ce sera lui qui sera triste de voir partir ses petits élèves…….
Afin de vous informer, je vous livre en avant première le programme de l’année :
Programmation 2009-2010 des dominantes d’activités avec objets d’étude.
Période 1(sept-oct)
Devenir élève
Moi et les autres
Période 2 (nov-dec)
Percevoir, sentir, imaginer, créer
Le corps
Période 3 (janv-fév)
Découvrir le monde
Expériences air et eau
Période 4(mars-avr)
Agir et s’exprimer avec son corps
Le jeu
Période 5 (mai-juin)
S’approprier le langage, découvrir l’écrit
Livre de récits et découverte d’un auteur.
J'en profite pour vous dire que je serai absente du 1er Août au 16 Août 2009, donc les questions qui vous brûlent les doigts peuvent
encore être posées cette semaine.
La première semaine de préparation sera en ligne 10 jours avant la rentrée, c'est à dire vers le 21 Août.
Je travaille sur l'art tous les ans, c'est un fil culturel conducteur.
Longtemps avant d’atteindre la "maturité mentale" ( disons la poursuivre) , j’ai subi des fins de mois d’Août anxieux.
Cela commençait après le 15 Août, une sorte d’attente d’un monde inconnu aussi inquiétant que stimulant. Cette ambiguïté n’était pas sans conséquence sur mes fins de vacances. La préparation occupait mon esprit et mon temps ; je déconnectais de l’espace réel pour investir l’espace mental. Mes dispositions à l’égard de mes proches s’amenuisaient, tout convergeait vers un seul et même but : préparer le mieux possible la rentrée.
Mon inconscient était aussi envahi et chaque année, il me livrait durant plusieurs nuits des scénarios cauchemardesques qui m’indiquaient par leur survenue que j’étais entrée dans cette période détestable qui ne connaîtrait sa fin que le lendemain de la rentrée.
Ces épisodes nocturnes montraient l’étendue de mon imaginaire en matière de rentrée ratée. J’y retrouvais des problèmes d’accès : pour arriver dans la classe, les enfants et leur famille devaient monter à l’échelle !!! ou bien des problèmes d’organisation : je n’avais aucune liste, aucun nom d’élève alors que les familles cherchaient !!!! ou encore des problèmes de présence :aucun élève ne se présentait dans ma classe qui pour l’occasion s’avérait être totalement vide de meubles, de matériel. Ce summum d’invention catastrophique avait pour effet de me stimuler dans mes recherches et la rigueur de ma préparation.
Le second moment où l’inquiétude montait encore d’un cran était la veille de cette fameuse rentrée, le jour de la pré-rentrée. L’allégresse de retrouver mes collègues, le personnel de l’école était contrebalancée par un sentiment d’interrogation autour du jour suivant sans aucune rationalité. C’était de l’ordre de l’émotion, je dirais presque de l’habitude. Mon cerveau répondait à l’équation : rentrée = peur.Il fallait transformer ce jour en moment de vive tension.
Mon expérience d’abord et ma volonté de comprendre ensuite ont fini par avoir raison de cette épreuve temporelle.
L’expérience à travers l’observation me permit de constater que la vive tension ressentie n’était pas sans conséquence sur les pleurs de mes petits élèves. Leur mode de communication étant réduit, ils s’attachaient beaucoup au non verbal y compris chez leur interlocuteur : les gestes, les regards, les mimiques et les comportements en disent long sur nos tensions intérieures. Ainsi une maîtresse envahie par sa propre peur n’offre pas une base sécurisante pour un être lui-même affaibli psychologiquement. Et en conséquence, les pleurs trouvent leur raison d’être lorsque l’enfant n’est entouré que d’adultes en proie à leur émoi.
Il me fallait donc comprendre pour mettre en place des réponses adaptées à mon angoisse latente.
En premier , ce cheminement fut une exploration normale de mes propres rentrées en tant qu’élève, d’un rappel des émotions antérieures que j’avais mises de côté, celles-ci étaient les prémices d’un caractère perfectionniste élaboré par une histoire personnelle où la recherche du « plaire » dépassait les autres sentiments.
Dans une seconde phase, j’étudiais plus précisément ce sentiment de perte de soi sous le regard de l’autre et cette entière dépendance à la reconnaissance de soi-même. Ce fut ce terme « dépendance » qui m’indiqua l’orientation de mes réponses.
D’un tempérament volontaire et démarqué, il y avait pour moi une contradiction manifeste dans mon comportement. Comment pouvais-je être aussi dépendante du regard des autres, alors que dans le même temps je cherchais l’originalité et l’innovation ?
Attirer le regard tout en le craignant !
Il me fallait donc l’accepter et l’accueillir.
Cependant le penser n’était pas suffisant. Je devais me construire un raisonnement objectif sur lequel m’appuyer en cas de retour en arrière.
A la recherche de ces raisons, une évidence vint me frapper, sur laquelle je ne m’étais jamais vraiment penchée, c’était pour moi de l’ordre de l’induit, il n’y avait pas nécessité à y réfléchir, à l’envisager concrètement , une sorte d’accord tacite et pourtant …….
Cette évidence, cette affirmation simple était : « Mes élèves et leur famille ont besoin de moi. »
En prononçant cette phrase , je passais d’une dépendance ( la mienne ) à une autre dont j’étais l’enjeu ; mes compétences, mon professionnalisme n’étaient pas
jugés mais désirés, attendus, voulus. Ce changement d’angle de vue bousculait mes vieux réflexes.
L’effet produit fut une transformation de mon état intérieur. J’étais apaisée. Cela n’allait pas avoir de conséquence sur ma pratique qui avait toujours été consciencieuse et convaincue. Mais
j’abordais les rentrées avec une grande sérénité, peut être un léger pincement du temps où mes sœurs se mettaient à deux pour me pousser dans la cour de l’école !!!!!!
J’ai choisi de vous parler des états d’âmes car je pense que certains d’entre vous se retrouveront dans ma propre expérience, j’amène une réflexion qui est toute personnelle mais qui peut provoquer la vôtre dans une recherche du mieux être et je vous témoigne ma solidarité en des moments quelquefois sinueux.
Suite aux très nombreux commentaires ( et je vous en remercie) , il apparaît important de parler du jour J, de cette rentrée dont nous avons constaté combien elle s’avérait forte en émotions pour
nombre d’entre vous.
Elle l’est aussi pour les familles qui vont venir vous confier leur petit enfant.
Combien de mamans ai-je vues quitter la classe les yeux remplis de larmes ( y compris quand leur enfant ne pleurait pas !) ?
Nous en convenons : ce jour en petite section n’est pas un jour comme les autres. Il revêt une importance dont nous ne mesurons pas l’étendue.
Le lien noué sera fort si nous attachons de l’attention à l’accueil que nous ferons.
De nombreux discours, colloques, écrits rappellent la difficulté de communiquer entre parents et enseignants, insistent sur le fait que souvent les parents ne sont convoqués dans l’enceinte de l’école que lorsque les choses vont mal,et ces instances recherchent des moyens, des idées pour tisser des liens plus conviviaux tout en répartissant bien les rôles.
N’a-t-on pas là à portée de main la possibilité de construire une relation de qualité en établissant une base mutuelle ?
L’accueil de la rentrée en petite section doit être pensé, organisé et logiquement privilégié.
La rentrée échelonnée qui permet d’avoir un effectif allégé les deux premiers jours ( la classe est partagée en deux, un groupe rentre le Jeudi et l’autre le Vendredi ) a l’avantage de ne pas précipiter la rencontre de l’enseignant avec la famille, il se montre attentif et disponible pour chaque arrivant. L’écoute ( si importante) est donnée, une confiance mutuelle peut s’installer, un lieu d’échanges est indiqué.
En proposant une activité aux parents ( dessin de la famille cf semaine 1), l’enseignant intervient sur le sentiment de compétence parentale. Dés le premier jour , il leur suggère que leur participation à la vie scolaire fera la différence quant à la réussite et aux apprentissages de leur enfant, qu’ils sont TOUS à même de le faire, qu’il est prêt à les aider à acquérir une plus grande confiance en leurs capacités éducatives.
Le choix de faire dessiner la famille par un des parents a une valeur symbolique. Il indique à l’enfant qu’il a sa base de sécurité malgré la séparation, qu’il appartient déjà à un groupe tout en étant unique, qu’il arrive à l’école avec un passé dont l’enseignant va tenir compte, qu’il conserve son identité malgré la perte totale de repères.
Les parents dessinant à côté de leur enfant, lui-même collant et dessinant est un très bon moment vécu, ils ont un grand plaisir à le vivre. Par conséquent, quand les parents disent : « On part » ( auparavant , je leur conseille de prévenir l’enfant afin qu’il ait le temps d’accepter l’idée, ne jamais accepter qu’un parent se sauve sans dire au revoir à son enfant ,c’est une grande violence qu’on lui fait en agissant ainsi), l’enfant se sent tranquillisé et la séparation est moins douloureuse. Les parents se sont sentis accueillis, reconnus, respectés, il s’en vont rassurés et l’enfant le ressent.
Ce contexte de confiance et de respect mutuel est le préalable à une entente qui va durer une année, vous allez faire partie de la vie de chacune de vos familles, vous allez être la personne référente de la vie sociale de leur enfant, ils vont souvent penser à vous à travers ce que leur enfant racontera de l’école. C’est important de prendre le temps de se connaître.
Pour finir, je vais vous donner une de mes phrases préférées que j’adressais aux parents pour leur signifier notre lien : « Vous me confiez votre enfant, faites moi confiance. »
Une évidence qu’il est bon de rappeler !
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