inspection

 

Pour aider ceux qui vont être inspectés, et suite à une série de commentaires sur le sujet, je vous soumets un plan de travail.

D’emblée, je crois bon de dire ,même si vous êtes nombreux à le savoir, que nous ne travaillons pas en vue d’une inspection, nous devrions pouvoir voir arriver l’inspecteur n’importe quel jour et à n’importe quelle heure.

Nous avons la possibilité de le savoir à l’avance donc autant mettre tous les atouts de notre côté.

Préparer son inspection , c’est préparer deux séances d’apprentissage en moyenne mais aussi un entretien.

 

Les séances doivent s’inscrire dans une continuité.

 

Chaque séance fait l’objet d’une fiche descriptive sur laquelle il est mieux de retrouver :

  1. le domaine d’activité et l’objectif principal.
  2. l’objectif spécifique.
  3. la ou les compétences visées.
  4. le dispositif pédagogique : en groupe, en individuel, en collectif , éventuellement un schéma pour l'EPS…..
  5. le matériel nécessaire.
  6. le déroulement qui fixera la durée de chaque phase s’il y en a plusieurs, la consigne, l’enchaînement des différents moments, le positionnement de l’enseignant, du groupe ainsi que les critères de réussite.

 

Cette démarche de préparation a l’avantage de permettre de bien réfléchir au pourquoi et au comment de façon à ce que l’enseignant maîtrise complètement ses objectifs.

 

L’entretien qui suit demande aussi une préparation, ce que je conseille est de l’ordre de l’anticipation.

 

Ayant préparé vos séances, vous devez les imaginer et les vivre mentalement. Puis sur une feuille, vous écrivez ce que vous avez à dire sur celles-ci, d’abord vous décrivez de nouveau vos objectifs en les développant, pourquoi vous proposez cette séance à vos élèves ( historique de votre séance), vous décrivez votre démarche pédagogique, vos références éventuellement .Puis vous analysez celle-ci en imaginant l’avoir déjà vécue, en anticipant sur ce que vos élèves vont faire (d’après vous).

L’analyse doit porter sur deux aspects, un regard du point de vue des élèves, et un autre du point de vue de l’enseignant, elle reprend : l’objectif ( est-il atteint ?), le dispositif ( qu’a –t-il permis , est-il efficace), les savoir-faire et leur efficacité, les attitudes et les motivations, l’évaluation ( est –elle présente, sous quelle forme, qu’apporte –t-elle).

Pour conclure, il faut absolument envisager des prolongements possibles.

 

Enfin pour finir de préparer cet entretien, vous devez imaginer toutes les questions que l’inspecteur est susceptible de vous poser, demandez de l’aide à vos collègues en leur soumettant vos projets de séances et entraînez vous à y répondre.

 

Une fois cette préparation achevée, vous verrez que vous aurez hâte d’être au fameux jour tellement vous vous sentirez prêt. La veille de votre inspection, imaginez que vous allez vivre une merveilleuse journée , que tout va aller comme vous le souhaitez, que vos élèves vont être les meilleurs élèves du monde et croyez moi , ça marche !!!!!!!!


Suite à la série de commentaires sur l'inspection, j'ai interpellé un inspecteur en espèrant être entendue, je l'ai été pour mon plus grand plaisir (comme quoi, il faut toujours croire à ses désirs):
Yasmine, fidèle lectrice, a demandé à son mari de nous livrer sa vision de la préparation d'une inspection qui vient enrichir ma  précédente proposition. Merci beaucoup à tous les deux de cet éclairage et je souhaite que cela puisse  aider un grand nombre d'enseignants face à cette rencontre institutionnalisée.


Bonjour Isa, je vous transmets la réponse de mon mari sur le sujet.Bonne réception.

"Excellente initiative que ce document de préparation à l’inspection. Je ne me souviens pas d’avoir vu cela à l’IUFM ! Pas plus des syndicats d’ailleurs !
Evidemment cela se prépare. Et chaque détail a un niveau d’importance.

Je me permets de compléter :
Une inspection est un moment de communication. Oral écrit et …autre.
Je vous conseille donc de lire quelques éléments de base sur la communication.
C’est quoi communiquer ?
Et …….posez vous quelques questions :
Connaissez vous l’objectif de l’inspection ? Quel est le vôtre ? Vraiment ?
Que voulez vous lui dire ? Lâchez vous donc sur une feuille de papier.
Faites en part à un (des) amis (pas des collègues de la même école) et réfléchissons :
Qu’est ce qui fait votre valeur ?
Votre capacité à gérer votre classe ?
Vos connaissances en outils didactiques ?
Votre pédagogie ?
Votre capacité à analyser votre pratique, à mettre en place et à lire des indicateurs de réussite, à améliorer votre pratique, à travailler en partenariat, à travailler avec vos collègues, etc…
Votre capacité à vous remettre en questions ?
Votre relationnel avec les parents, la mairie, l’inspection académique, le collège ?
Votre identité ? quelle est-elle ? votre différence, en faites vous profitez ? Qui ?
Et votre faiblesse ? ….Et puisque vous avez été honnête avec vous même, que c’est identifié ! Elle va devenir votre force : le plus dur est fait.

Et du côté inspecteur(rice) :
Et parce que c’est un moment de communication ! Il y a l’autre : l’inspecteur(rice)
Qui est-il ? Un ancien instituteur professeur ? de quelle discipline ? A t il écrit quelque chose etc…qu’en disent les collègues ? (à ce sujet soyez critique ! ils ne vous diront pas tout !)
Quels sont les résultats qui lui sont demandés ? Savez vous par exemple qu’il doit faire 80 inspections par an ? Que le dossier le plus chaud ce ne sont pas les inspections mais, par exemple, la carte scolaire et qu’il a besoin de vous pour connaître (en autre) le contexte municipal local. Justement que pouvez vous lui apporter ?
Quelles sont les questions qu’il va vous poser ? Ecrivez les sur une feuille et répondez sur cette même feuille !
C’est un entretien, vous n’êtes pas victime, vous n’êtes même pas suspecté, et même s’ il y a une dissymétrie relationnelle (la hiérarchie) faites valoir votre point de vue, défendez le ! Faites référence aux textes. Ils sont là pour cela et pour être interprétés. Et si votre pédagogie est particulière c’est parce que le contexte est particulier, que vous l’avez analysé et que vous adaptez… etc…

Important : son rapport : comment doit-il être construit ? que doit-il y mettre ?
Nous sommes tous soumis à des textes, des contraintes parfois sévères et notre travail est animé principalement et simplement par la réussite éducative de tous les élèves. (concept à connaître).
D’une façon générale, nous manquons tous cruellement de capacité au recul sur notre pratique. Alors pour remédier :
Trouvez vous un coach, un accompagnateur ! (ou un blog mais je pense qu’à terme, le lien physique va manquer un peu). Et puis n’hésitez pas (vous) à poser des questions métaphysiques !
Pourquoi êtes vous enseignant (e) ?
Et…
Mais au fait, c’est quoi un(e) enseignant(e) ? Et pourquoi c’est le plus beau métier du monde ?
Et pourquoi est-il si féminisé ? Et pourquoi est-ce difficile ? Pourquoi ce besoin de reconnaissance ? et…

Suite au prochain épisode …en attendant vos éventuelles questions.

si vous le voulez bien !

TRIBUNE LIBRE

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Le mot « inspecteur » tire son origine du latin inspector, « personne qui observe, scrute et examine ». Le sens a évolué depuis en « personne chargée de veiller, surveiller, contrôler ».

 

L’inspection

À mon sens, trois enjeux majeurs caractérisent l’inspection.

1.    Garantir le droit des enfants.

Ce premier enjeu correspond pleinement à la définition étymologique donnée ci-dessus. En effet, une dimension incontournable de l’inspection (et de l’inspecteur en tant qu’agent de l’État) est de contrôler la mise en œuvre effective et le respect de la Loi française qui stipule que tout enfant vivant sur le territoire de la République a le droit d’être éduqué et instruit.

Lorsque la famille fait le choix de déléguer cette fonction à l’école (ce qui n’est pas une obligation, chaque famille pouvant décider du comment elle s’y prend, l’école n’étant nullement « obligatoire »), celle-ci se doit de dispenser éducation et instruction selon les prescriptions nationales définies par les programmes d’enseignement. Si par exemple, un ou plusieurs domaines d’enseignement ne sont pas mis en œuvre par un maître, l’institution ne répond pas à son devoir et, par conséquence, le droit de l’enfant n’est pas respecté.

Ce contrôle de conformité de l’action des maîtres ambitionne donc, avant toute autre chose, de garantir le droit des enfants. Cet aspect, trop rarement rappelé, est fondamental.

Il est à noter que la mission de contrôle des inspecteurs ne se limite pas aux seules écoles publiques puisqu’elle concerne également les élèves scolarisés en écoles privées, confessionnelles ou non, ainsi que les enfants éduqués et instruits par leurs parents eux-mêmes.  

2.    Contribuer à la transformation des pratiques des maîtres pour améliorer l’apprentissage des élèves

Compte tenu du fait que le droit des enfants est presque toujours globalement respecté, ce deuxième enjeu se révèle comme majeur. Il vise, par l’optimisation des pratiques professionnelles des maîtres, à améliorer les performances du système public d’éducation c’est-à-dire, in fine, accroître l’apprentissage des élèves.

L’inspection participe, ici, d’un processus d’évaluation formative.

La dimension évaluative permet de situer, en instantané, le niveau de pertinence de la pratique professionnelle du maître et de définir les éléments qui caractérisent cette pratique (ce qui va bien, ce qui va moins bien, trop de ceci, pas assez de cela…).

Les constats réalisés constituent le point de départ et d’appui de la dimension formative. Elle vise, à partir d’un état des lieux si possible partagé, à définir les évolutions et transformations pouvant conduire à une plus grande efficacité de l’enseignement dispensé.

Ces deux actes d’une même pièce, valent aussi bien pour l’action individuelle des maîtres dans leur classe que pour l’action collective qui se doit d’être la leur au sein des équipes d’école et de cycle. C’est la raison pour laquelle bon nombre d’inspecteurs inspectent l’ensemble des maîtres d’une même école (ou d’un même cycle) et font ensuite une double restitution (entretien et rapport individuel d’inspection pour le maître dans sa classe ; réunion d’équipe, synthèse orale et écrite des constats collectifs et propositions).

Les pistes de transformation les plus courantes touchent majoritairement au champ conceptuel (didactique des disciplines,  préparation de classe, démarches…) et à la nécessité d’enseigner mieux et/ou davantage certaines disciplines ou domaines disciplinaires. La conduite de classe en tant que telle est généralement bien maîtrisée même si parfois certains aspects liés au temps réel de mise en activité des élèves, à la différenciation… gagneraient à être améliorés.

Pour l’inspecteur, au-delà de l’immédiateté de l’inspection, s’ajoute une autre dimension tout à fait essentielle pour le pilotage d’une circonscription et, par extrapolation, du système éducatif dans son ensemble. En effet, à partir de l’analyse de l’ensemble des inspections réalisées dans la circonscription, il est possible d’avoir une photographie très précise des réussites et des manques les plus évidents. C’est à partir de ce constat et d’un ensemble d’autres indicateurs (résultats scolaires, caractéristiques socioprofessionnelles…) que peut alors se bâtir un projet d’actions de circonscription visant à développer ou améliorer collectivement ce qui a besoin de l’être. C’est à cela que sert la formation continue et les temps de formation en circonscription appelés « animations pédagogiques ».

3.    Gérer les carrières des enseignants

Ce troisième enjeu de l’inspection vise, via les notes (proposées par les inspecteurs de circonscription et arrêtées par les inspecteurs d’académie après harmonisation départementale), à gérer la carrière des enseignants tant sur le plan des promotions indiciaires (la promotion dans les échelons et donc, la rétribution) que sur celui de l’accès à une fonction souhaitée ou à un poste désiré. L’insensibilité dans ces domaines est plutôt rare. 

 

Déroulement d’une inspection

Je consacre en moyenne 2h à 2h30 à chaque inspection (temps en classe). Jamais moins, parfois plus, voire bien plus. Chaque maître est prévenu du jour et de l’heure de ma venue. Le plus généralement, dans le cadre des inspections d’équipe qui est la règle, le directeur et moi-même organisons ensemble l’ordre des inspections en fonction des souhaits de chacun. Cela ne change rien à la pertinence de mon travail et cela facilite souvent les choses pour les maîtres qui appréhendent émotionnellement l’inspection. C’est la raison pour laquelle, sauf contrainte incontournable, je m’efforce de respecter le plus strictement possible les rendez-vous pris.

La première heure et demie constitue la phase de prise d’informations. Cette phase « d’observation » pour faire le lien avec l’étymologie, est celle durant laquelle je passe en revue les différents éléments qui me permettent d’apprécier/évaluer les pratiques du maître de manière longitudinale. C’est là que je me forge une première opinion sur la pratique professionnelle du maître.

J’ai organisé cette phase en plusieurs observations successives et systématiques modulées en fonction du maître (ancienneté, durée de présence dans la classe…) sachant que chacun est préalablement informé de ce que je vais regarder (document recensant les points d’observation transmis à tous en début d’année). Pour l’essentiel :

-         Les acquis des élèves (compétences définies en savoirs, savoir-faire, savoir être) ; leurs supports de travail  (les différents cahiers, classeurs, fichiers, chemises… organisation, tenue, correction…)

-         Le travail de préparation du maître : existence, régularité, pertinence, organisation…  mais aussi… emploi du temps, liens entre programmes nationaux, projet d’école, programmations de cycle, programmations annuelles, séquences (dites aussi modules ou unités d’enseignement-apprentissage), séances journalières…

-         La conduite de classe : les deux ou trois séances auxquelles j’assiste permettent d’observer la manière de communiquer et d’être en relation du maître, la manière de conduire les enseignements (modes de groupement, temps effectif d’activité des élèves, place de la recherche personnelle, de l’écrit…).

-         La différenciation : adaptation de la difficulté de ce qui est proposé en fonction des acquis existants de chacun, prise en charge des élèves en difficulté, prise en compte des élèves ayant besoin de travailler plus et plus vite que les autres… ;

-         L’évaluation : intégrée ou non au processus d’enseignement, appropriation/participation des élèves  leur évaluation, modalités d’information des familles…

-         La salle de classe : organisation (tables, coins…), matériels et équipements, rangement, affichages obligatoires (emploi du temps…), affichages didactiques, affichages visuels…

Je classe et hiérarchise l’ensemble des observations prélevées autour de cinq axes forts que j’appelle « principes » :

-         Principe éthique : respect des élèves, non discrimination, respect du « postulat d’éducabilité », respect des programmes, enseignement de toutes les disciplines…

-         Principe d’engagement : le maître est-il ou non véritablement investi, se forme-t-il, met-il en œuvre des projets, participe-t-il activement au travail d’équipe …

-         Principe technique : maîtrise et mise en œuvre des grands concepts éducatifs (constructivisme, zone proximale de développement, conflit cognitif…), connaissances didactiques disciplinaires, stratégies d’enseignement (situations problèmes…)…

-         Principe pédagogique (relation, communication) : manière d’être de l’enseignant, qualité et clarté de l’expression, registre de langue, écoute et pris en compte de ce qui est formulé, juste distance relationnelle, non verbal… préparation de classe, régularité, pertinence, clarté des objectifs d’apprentissage poursuivis en lien avec les compétences travaillées…

-         Principe pratique : conduite effective de classe, respect et/ou amendement de ce qui a été prévu, capacité à rebondir, placement et déplacement, attention/sollicitation des élèves, aide, conseil, encouragements, gestion du temps… apprentissages et acquis effectivement réalisés par les élèves…

Au cours de l’entretien qui suit (1/2h à 1h), cette classification/hiérarchisation me permet d’orienter la réflexion sur ce qui me parait essentiel et possible (zone proximale de développement, pour les intimes). Afin d’optimiser le message, je ne retiens jamais plus de deux ou trois objectifs prioritaires de transformation. Nous sommes ici au cœur de l’évaluation formative.

Si, à ma sortie, le maître sait situer sa pratique, se sent conforté dans ce qui va bien et sait comment orienter son travail pour l‘approfondir et l’optimiser, ma visite aura servi à quelque chose. J’ai, sinon, loupé mon coup et manqué… de professionnalisme.

Au terme de plusieurs centaines d’inspections, je peux dire aujourd’hui que la quasi-totalité des maîtres exerce leur métier avec sérieux et compétence. De ce fait, si l’on parvient à établir le contact, il est généralement facile d’avancer et de faire avancer, les maîtres étant très preneurs de conseils et de propositions. Il est également important pour eux de se sentir reconnus et confortés dans leur savoir faire professionnel et leur engagement.

Ce n’est qu’à l’issue du temps d’observation et du temps d’entretien qu’une appréciation finale étayée peut être portée, l’entretien apportant parfois des correctifs à ce qui a été vu ou pas vu.

Au global et pour mémoire, une inspection individuelle représente donc en moyenne, finalisation du rapport compris, de 2h30 à 3h d’un travail soutenu et très attentif…

 

Préparer « son » inspection…

De mes propos ci-dessus découlent quelques éléments parfois difficiles à mettre en œuvre mais faciles à appréhender…

Pour « réussir » une inspection, il faut :

-         Respecter les élèves qui nous sont confiés et les programmes en vigueur ;

-         Travailler régulièrement au jour le jour, individuellement et collectivement, se former… ;

-         Maîtriser les savoirs théoriques et techniques du métier, savoir concevoir son travail et celui des élèves, savoir justifier ses choix ;

-         Être performant du point de vue de la communication, justement positionné du point de vue de la relation ;

-         Conduire efficacement les activités de la classe dans le respect des connaissances théoriques sur l’apprentissage…

 

Dis autrement, c’est le travail dans sa globalité qui est apprécié et pas seulement celui observé dans l’instant de la visite. Une séance bien conçue et bien menée est évidemment un plus, mais une séance ratée, n’occulte heureusement pas ce qui est fait de positif par ailleurs. Le travail de préparation, dans son ensemble, est important (quelques fiches faites dans les jours qui précèdent l’inspection ne masquent jamais un travail irrégulier ou incomplet), les traces écrites des élèves sont essentielles (volume, qualité et organisation des écrits, tenue des cahiers, régularité et pertinence des corrections, justesse des appréciations, dates…), les acquis des élèves sont quant à eux, déterminants...

Tout travail régulier et sérieux ayant permis des apprentissages solides débouche à coup sûr sur une inspection « réussie »… une version moderne en quelque sorte du « Laboureur » cher à un certain La Fontaine…

 

Peut-on se passer des inspections et/ou des inspecteurs ?

Oui, ou plutôt, oui, à un détail près…

Tout système organisé crée sa propre modalité de régulation afin de gérer et optimiser son fonctionnement (homéostasie). Lorsque les inspecteurs ne jouent pas ce rôle, d’autres le jouent à leur place.

Le second degré français partage cette responsabilité entre chefs d’établissements et inspecteurs pédagogiques (je rappelle à ce propos que seuls, les inspecteurs du premier degré cumulent responsabilité administrative et responsabilité pédagogique, ce qui me parait être une grande chance).

Plusieurs systèmes éducatifs européens confient cette tâche au seul « Head master » responsable à la fois de recruter, évaluer et, éventuellement… licencier.

Dans les grandes entreprises, les évaluations sont généralement réalisées à partir d’un protocole commun (idem notre référentiel des profs) avec, à la clé, fixation d’objectifs de performance. Annuelles, elles sont le plus souvent réalisées par les chefs de service ou d’équipe directs. 

Je ne peux conclure ce paragraphe sans spécifier que les inspecteurs chargés de circonscription sont eux-mêmes inspectés par les inspecteurs généraux. Ces derniers qui sont directement rattachés au ministère, transmettent ensuite leur rapport au directeur de l’encadrement (ministère) et au recteur de l’académie d’exercice. L’arroseur est aussi arrosé…

 

 

Pour conclure…

Si le travail de l’inspecteur ne se résume pas aux inspections, ces dernières tiennent, à plus d’un titre, une place déterminante dans sa fonction et son travail quotidien. L’inspection reste actuellement l’une des modalités importantes de régulation et de formation de notre système éducatif. À ce double titre et si pratiquée dans cet esprit, elle me parait fort utile.

Au-delà de cet aspect, être inspecté, regardé, évalué… n’est jamais chose facile. Suivant les personnes, la dimension émotionnelle peut-être forte y compris chez des enseignants très investis et ayant fait leurs preuves. L’exposition au regard de l’autre, au « jugement » qui peut-être le sien, nous renvoie toujours à la dimension affective et émotionnelle qui est la notre.

Pour finir, partageons une pensée pour les enfants/élèves qui sont… « inspectés » tous les jours !

 

Didier TABARAUD – LE FER

Inspecteur de l’éducation nationale