l'autorité de l'enseignant

En parcourant blogs, forums et sites, je constate que la question la plus fréquente tourne autour du problème de l'autorité. "Comment parvenir à canaliser 30 petits de 3-4 ans ?"," Les séances d'EPS, c'est la pagaille, ils ne m'écoutent pas"," Je fais la police à longueur de journée" ....

Personne n'a vraiment la recette miracle et il est sûr que lorsqu'on débute , c'est encore plus difficile.
Néanmoins, il n'empêche que chacun est à la recherche de conseils, de "trucs".
Cette page recense des idées à prendre ou à s'approprier, je ne prétends pas régler tous vos problèmes mais je vous livre ma façon de voir.

D'un point de vue général, les grandes idées sont le respect et la confiance , le regard et les règles.
Il me semble important de se dire que pour être respecté , il faut soi-même le faire. Les élèves ont besoin d'être considérés comme des personnes dignes de confiance, ce sont des êtres en construction et les adultes sont là pour les aider et les comprendre. Si l'adulte ne se contrôle pas, crie , comment peut -il demander à l'élève ce qu'il ne sait pas faire lui-même ? Ce sont les droits de l'élève, mais il a aussi des devoirs et il est important dés le plus jeune âge qu'il comprenne qu'on n'accéde pas à ses désirs systématiquement.
Les règles de vie vont lui apprendre  la capacité à différer son plaisir pour vivre de façon harmonieuse en collectivité.

Chaque enseignant a ses règles, ce qui est important c'est qu'il en ait et qu'elles soient stables, bien entendu, c'est mieux si les élèves y sont associés, elles seront mieux comprises. En face des règles , il est incontournable d'y mettre des sanctions, sinon ce ne sont que des mots , des menaces et l'enfant a vite fait de comprendre qu'il peut continuer à gêner, à perturber , à agresser. Dans une classe de petits, la sanction peut être l'isolement du groupe. J'avais dans ma classe la chaise à réfléchir , lorsqu'un élève se montrait agité, bruyant, indiscipliné, bref qu'il gênait le groupe, je l'envoyais réfléchir sur la chaise ( elle se trouvait dans la classe à proximité des autres mais pas avec les autres, juste en retrait) puis je demandais à l'élève d'observer et de réfléchir , donc de se calmer, il avait un repère temps qui était la gommette et la trotteuse de l'horloge " tu restes assis le temps que l'aiguille rouge parte de la gommette et y revienne ( 1 mn)", c'était suffisant. Je pense qu'il ne faut pas exclure un petit plus de 5 mn.

Pour instaurer le respect, il est bien de s'intéresser à chacun des élèves et de pouvoir leur consacrer un peu de temps individuel sur le mode de l'échange, du bavardage. Tous les moments sont bons à prendre: fermeture du manteau, balade dans la cour de récréation, attente des parents ..... Les élèves aiment qu'on s'intéressent à eux , à leur vie. Ils nous en sont trés reconnaissants.

Bien entendu, plus les élèves auront d'interêt à ce qu'ils font en classe, moins ils chercheront à faire les fous ou à désobéir car par exemple l'isolement les prive d'une activité qu'ils aiment. C'est pourquoi il est important de réfléchir à sa préparation , il faut toujours songer à les rendre les plus actifs possibles. En regroupement , il est évident que les petits ne tiennent pas en place s'ils n'ont rien à faire ou rien à voir. Donc, lorsque vous préparez votre regroupement, pensez à eux et donnez leur à voir ou à faire. Progressivement dans l'année, ils auront la capacité à parler sans support visuel ou auditif, mais pas les premiers mois.

Pour développer une écoute active lors d'un regroupement , il faut aussi songer à l'installation matérielle qui est le préalable . C'est à dire que les élèves doivent être bien assis, je préfère les bancs à dossier plutôt qu'ils soient assis par terre. Il faut veiller à ce qu'il n'y ait rien qui puisse détourner leur attention ( des jeux à proximité ...) , éviter des voisinages incompatibles ( ne pas hésiter à séparer des enfants qui s'énervent mutuellement), s'assurer qu'ils voient tous bien sinon la perte d'attention est immédiate. Enfin, pour les élèves trés perturbateurs, la proximité de l'adulte est nécessaire, une main posée sur l'enfant calme parfois mieux que les menaces.

C'est vrai que les séances d'EPS sont les plus difficiles à gérer du point de vue du groupe. En ce qui me concerne afin d'éviter les dérapages , je demandais toujours à celui que je sentais agité de me répéter les règles en début de séance, je le félicitais de bien les connaître et cela suffisait à le calmer. 

Enfin, pour capter leur attention, il faut savoir moduler sa voix, théataliser sa lecture , savoir créer du mystère, avoir de l'humour, être quelquefois en décalage ( il m'arrivait de leur lire le livre de la semaine à toute vitesse: l'effet est garanti ), inventer des situations imaginaires ( ils adorent mimer une histoire qu'on se raconte au fur et à mesure qu'on l'invente), jouer, se taire pour laisser le silence s'installer et leur demander d'écouter la classe d'à côté, en règle générale , plus vous monterez le ton , plus ils monteront le leur, et inversement, alors apprenez à parler tout bas si vous voulez qu'ils vous écoutent.

Pour terminer, rappelez vous qu'il y a 3 voire 4 ans , ils sortaient du ventre de leur mère, ils ont déjà beaucoup appris, il faut savoir être patient et croire en eux, et c'est là qu'intervient notre regard. Je reste persuadée que celui qu'on regarde agit en fonction de l'attente de l'autre, c'est à dire que si notre regard sur eux est négatif, ils agiront comme nous les attendons, il est bon d'inverser la tendance et de penser qualités et non défauts, je sais que cela peut sembler difficile ,surtout avec des élèves trés perturbateurs, mais vous allez passer l'année ensemble,alors pour le bien de tous,  pourquoi ne pas tenter un nouveau regard ?????


Devant la demande fréquente de difficulté à gérer le groupe d’élèves , je me suis dit qu’il y avait sûrement un besoin de répertorier  des attitudes éducatives qui permettent d’agir avec les élèves indisciplinés, vous allez reconnaître certaines de vos actions, cette liste est inspirée en partie des travaux de  Redl et Wineman ( ce n’est pas récent mais c’est toujours d’actualité), elle n’est pas exhaustive, il y en a sûrement d’autres encore, elle permet déjà d’avoir en tête des méthodes d’intervention , d’y réfléchir, de s’approprier celles-ci et d’y avoir recours avant l’épuisement nerveux. Souvent, le recours à la sanction est presque la seule réponse apportée au comportement transgressif, ce qui fait qu’il n’y a pas de nuances , ni de graduations dans l’éventail des réponses, les élèves ont besoin de comprendre qu’agresser un autre élève n’est pas la même chose que déchirer la page d’un livre.

 


1- L'intervention par un signal non-verbal : c’est éveiller l’attention d’un élève qui s’apprête à faire une bêtise sans le menacer pour autant exemple : le pointer du doigt.


2- Le contrôle par la proximité ou le toucher :
exemple :en regroupement le perturbateur est assis à proximité de l’enseignant une main posée sur le bras.


3- Participation émotive de l’adulte qui manifeste son intérêt aux activités de l’enfant :
exemple : l’enfant qui pleure à qui l’on demande de nous parler de ses jouets ou donner la parole à celui qui s’agite.


4- Décontamination de la tension par l’humour : la technique agit par diversion, exemple : en cas d’agitation du groupe dire : « eh bien les petits amis, je crois bien qu’il est temps de se détendre les jambes si on allait faire une farce à Laurence l’ATSEM, on va lui faire croire que nous sommes partis »


5- Aide opportune : exemple : au regroupement agitation due à l’ignorance l’enseignant répond à la place du groupe.


6- L’interprétation comme intervention :
il s’agit d’aider les élèves à comprendre une situation qu’ils ont mal interprétée ou de les amener à découvrir leurs propres motivations exemple : face à un non respect évident des livres, nous opposons à l’enfant une interprétation de son comportement ( tu ne veux pas que je puisse raconter les livres en les abîmant ainsi)


7- Regroupement :
changer la disposition des places, modifier la distribution des  enfants par rapport aux adultes exemple : en sortie scolaire, l’enseignant récupère l’élève qui se montre agité dans un groupe dont la responsabilité est donnée à un autre adulte.

 

8- L'intervention verbale directe : très courant exemple : « Martin ! reste assis ».


9- Retrait de l'enfant de l'activité :
les critères favorables qui doivent être pris en considération sont : danger physique, le groupe alimente l’état de désorganisation de l’élève, l’amour propre de l’élève doit être sauvegardé, éviter la contagion, il faut imposer des limites exemple : en EPS ; celui qui n’obéit à aucune consigne est écarté temporairement, 10- Arrêter physiquement l'enfant: arrêt d'agir (avec calme)... Intervention de dernier recours, requis lorsqu'il y a un danger potentiel dans le comportement de l'enfant pour lui-même ou pour les autres enfants.

la chaise à réfléchir dans la classe.


 


11- Attribution d'une responsabilité : favoriser la valorisation des compétences ou du désir d’aider en responsabilisant l’élève difficile exemple : tu es responsable du ramassage des cartes de présence.


12- Injonction paradoxale:
dire à l'enfant le contraire de ce qu'on attend de lui, à utiliser avec beaucoup de discernement exemple : tu ne cries pas assez fort, je pense que tu peux crier encore plus !


13- La confrontation positive:
 exemple : Qu'est-ce que tu veux vraiment dire?


14- La reformulation
: demander à l'enfant de répéter les règles.


15- Tonalité de la voix:
élever ( le moins souvent possible) ou abaisser la voix ( le plus souvent possible)


16- La réparation:
exemple : Mélanie a écrit sur le téléphone, l’enseignant lui donne une éponge pour qu’elle nettoie ce qu’elle a fait.

 

17- Permission et interdiction formelle : la permission permet d’encourager les élèves dans une attitude de confiance , la technique d’interdiction formelle se définit par un NON qui est dit de telle manière que toute discussion pour modifier cette décision devient inutile.