Vidéo conférence neurosciences et développement de l'enfant de Catherine Gueguen

Publié le par isa

Dans le cadre de nos réflexions sur l'autonomie affective, je vous propose de visionner cette conférence où le pédiatre Catherine Gueguen décrypte les nombreuses études qui ont démontré l'importance de l'environnement affectif chez l'enfant dans le développement de son cerveau. Il est établi scientifiquement que le stress bloque la maturation cérébrale et modifie en profondeur les comportements sociaux. L'agressivité mais aussi les retards scolaires peuvent s'expliquer par un déficit de maternage des adultes qui se sont occupés de l'enfant. Cette vidéo est longue, mais elle est essentielle pour mieux comprendre et donc mieux aider les élèves. Elle me conforte dans les choix pédagogiques que je défends et elle alimente notre débat autour de l'affectif en classe. Je vous conseille vivement le visionnage, peut être le faire en plusieurs fois (dommage que cela ne soit pas comptabilisé dans vos animations pédagogiques :-))

Aujourd'hui , dans l'actualité, la fessée est en question , ce document argumente de manière claire.

Publié dans amenagement

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Cecilia 04/07/2015 12:46

Cette vidéo peut changer les mentalités. A mon avis ce serait bien que chaque parent puisse la voir avant l'arrivée du premier enfant. Cela éviterait aussi bien des violences dans notre société !

Anne 13/03/2015 21:48

Super intéressant ! Merci

Annaig 04/03/2015 20:51

J'ai entendu parler de la cnv il y a quelques années mais le ne suis pas aller voir suffisamment profondément. La méthode est plus qu'intéressante.
Je vais essayer de me procurer ce livre et mettre en pratique, petit à petit.
c'est un véritable travail sur soi.

isa 06/03/2015 11:40

C'est d'ailleurs assez étonnant de voir que vous avez des difficultés à parler de vos organisations comme si vous n'étiez pas sûrs de répondre à la problématique, alors qu'ici même sur le blog, il y a plein de choses qui sont déjà proposées et qui vont dans ce sens. Je voulais juste que nous les décrivions pour que justement ceux qui s'interrogent sur le sujet sachent (exemple la maison des doudous est une organisation pratique qui répond au besoin d'autonomie affective)

isa 06/03/2015 11:34

oui Edith, c'est exactement ça, quand on est capable de se distancier, on ne se sent pas atteint par la colère de l'enfant et on sait y répondre avec calme et pondération, ça participe du climat de confiance qui donne une sécurité affective. Mais comme je le dis dans le dernier article http://www.ecolepetitesection.com/2015/03/comment-favoriser-l-autonomie-affective-suite.html, c'est un travail sur soi et ça ne concerne pas l'aspect pratique que je soulève dans mes différents articles sur l'autonomie affective.

edith 06/03/2015 11:19

Est-ce que ce que tu soulèves là, Isa (se distancier) a rapport aussi avec l'autonomie affective dont tu tentes de nous faire dévoiler nos pratiques et nos réflexions dans un autre article?

isa 05/03/2015 14:07

Mais ce qui est le plus difficile à vivre, c'est que ça nous renvoie notre propre enfance et que parfois c'est compliqué de se distancier.

isa 05/03/2015 14:04

Oui, et pourtant il est certain que les enfants se calment beaucoup plus vite quand on leur dit qu'on les comprend plutôt que lorsqu'on nie leur chagrin

Clairouille 05/03/2015 13:59

C'est effectivement un véritable travail sur soi , pas toujours évident. C'est parfois difficile d'accueillir les émotions de l'enfant et pas de lui dire "arrêtes de pleurer", de lui dire "tu es déçu, c'est normal" plutôt que "c'est pas grave" .
Cela me fait aussi penser à Faber et Mazlich qui ont fait un ouvrage "parler pour que les enfants apprennent - à la maison et à l'école".

Annaig 04/03/2015 20:47

J'ai visionné la conférence hier soir jusqu'au bout.J'adhère à tout sauf comme certaines à la lecture d'albums sur la peur , les loups, etc. Comme vous je pense que l'accompagnement bienveillant, les mots mis sur les émotions, peuvent annuler cette nocivité dont elle parle.

C'est un peu comme la façon dont est abordé le décès d'un grand parent. Cacher l'évènement à l'enfant ne peut que lui nuire et faire naître l'angoisse. Le faire participer à la cérémonie et lui permettre de vivre la tristesse dans l'entourage bienveillant de son papa et de sa maman, lui permet de voir justement comment ils parviennent à passer au-delà et l'apaise.
J'ai eu les 2 cas cette année dans ma classe.J'ai mis en garde la famille qui n'arrivait pas à en parler à l'enfant .

isa 04/03/2015 21:56

Oui tu as raison, il y a des événements dans la vie qui peuvent occasionner des peurs, c'est la manière dont les adultes réagissent qui aide les enfants à surmonter celles-,ci, ce qu'il ne faut surtout pas faire c'est utiliser la peur pour se faire obéir.

Clairouille 03/03/2015 22:09

MERCI ISA !!!
Pour compléter cette vidéo, je conseille également la lecture de son livre "pour une enfance heureuse".
Pour une vrai révolution, il faut aimer les enfants ! Mais pas seulement, il faut développer nos capacités d'empathie pour les comprendre et leur permettre de se comprendre eux-même.
Avec ce débat sur la fessée, on voit bien que le chemin sera long avant de changer les mentalités.
Merci Isa de nous donner toutes ses pistes de réflexions.

Verderie 03/03/2015 19:38

Merci pour ce lien.

Pour pousuivre sur le sujet, le numéro de février de Sciences Psy est, également, intéressant...
Dossier : L'amour pour bien grandir...

http://tpma.fr/1737/n2-fevrier-2015/

sylvieh 04/03/2015 18:45

Mon mari a bercé nos filles dès l'âge de 3 ,4 ans avec des histoires inventées: c'étaient elles qui décidaient si il allait y avoir une sorcière, un monstre, un chevalier, un méchant, une princesse...Elles ont été nourries à cela et elles me semblent avoir une sécurité affective assez développée. je n'ai pas visionné encore la conférence mais je crois que tout est affaire de langage, d'accompagnement :seule devant un écran non mais dans les bras de son papa oui!

isa 03/03/2015 23:55

Personnellement, je pense que je continuerai à lire des histoires de loups, de monstres parce que pour le moment je ne suis pas capable d'abandonner cette littérature et j'ai le sentiment que la peur est une émotion qui doit être parlée avec les enfants, comment le faire sinon en utilisant nos albums ?

Karine 03/03/2015 21:58

Isa.
Je souhaitais revenir vers toi par rapport aux supports sur la peur avec des loups et des sorcières .
Je travaille sur la peur en ce moment .
Par ex , "Nuit noire", "riquiqui ?"sont des albums qui parlent de la peur sans images agressives mais avec une pointe d humour accessible aux enfts.
Dc a t on avis , n est ce pas le choix des illustrations ds les albums sur les sorcières , les loups qui est essentiels .
Ds les albums cites , tout le champ lexical de la peur est présent comme dans "Billy se bille ".

Je viens vers toi sur ce sujet car je m interroge dc j ai besoin de ton éclairage .

caro 03/03/2015 12:21

je viens de regarder la vidéo sur les neurosciences affectives: PASSIONNANT! merci pour le lien que je partage....

christine G 03/03/2015 11:23

Ca fait réfléchir quand elle explique (à environ 50min de visionnage) que lire des histoires de loups, de sorcières, de peurs avant 5 ans est nocif pour le cerveau....

isa 03/03/2015 11:33

C'est le seul point qui me laisse encore perplexe, c'est mon esprit critique qui reprend le dessus, alors je m'interroge mais je ne parviens pas encore à vouloir comprendre.

christine G 03/03/2015 11:18

trés intéressant, je viens d écouter 1h ..trop long il est vrai;; mais fondamental ces recherches!
Je retiens 1) Etre capable de nommer ses émotions calme le centre de la peur (amygdale cérébrale)
2) L'enfant ne peut pas contrôler ses émotions avant 5-6 ans car immaturité normale de cerveau aussi consoler un enfant, le materner est essentiel!
3) l'amygdale cérébrale qui sécrète molécules du stress lui est mature dès la naissance et stocke les souvenirs de sa vie mais de façon inconsciente (donc l'éducation par la peur est très nocive) au contraire de l'hippocampe (siège de la mémoire et de l'apprentissage ) qui est notre mémoire émotionnelle consciente maturité vers 25ans!
3) le stress = secrétion de cortisol ( au niveau du rein) détruit neurones, peut expliquer causes de maladies, diabète.....alors qu'au contraire une attitude soutenante = secrétion d'ocytocine (puissant anxiolytique)
On le savait intuitivement mais expliquer aussi clairement on comprend mieux les répercussions de nos émotions sur notre cerveau, merci Isa !

corinne 69 03/03/2015 21:19

MERCI Isa pour ce nouveau partage qui va, je l’espère, me faire avancer un peu plus sur le chemin vers moi et donc vers les autres , notamment vers les jeunes enfants qui me sont confiés et qui ont besoin de sérénité, de calme, de confiance et d'empathie bref de sécurité affective pour devenir de futurs adultes debout capable d'exprimer leurs sentiments et leurs besoins et d'accueillir ceux des autres avec respect et bienveillance. Du fond du cœur MERCI.

isa 03/03/2015 14:27

Corinne, voici mes notes de lecture du livre "Cessez d'être gentil, soyez vrai" de Thomas d'Ansembourg qui est un des premiers à avoir importé la CNV( communication non violente) en France. Ces notes ont 10 ans ( déjà !!!). J'ai mis entre guillemets les mots que j'avais soulignés à l'époque.

Etre attentif à nos sentiments , s'écouter d'abord et savoir mettre un sentiment personnel et non pas accusateur sur une situation (jugement et interprétation, par exemple: il me parle mal, donc il me déteste, mais plutôt il me parle mal, je suis blessée) , ce sentiment débouche sur un besoin qu'il faut prendre le temps d'identifier ( exemple: il me parle mal, je suis blessée, j'aimerais qu'il me respecte), à partir de cette prise de conscience, il s'agit de formuler une demande ( négociable selon l'auteur, ce qui veut dire ouverte sur la forme d'une question exemple: " il me parle mal, je suis blessée, j'aimerais qu'il me respecte; je lui demande :" Est-ce que tu peux me parler autrement ?" ).

"Dans le chemin vers l'autre, je ne peux faire l'économie du chemin vers moi"

Attention au système binaire ( blanc ou noir) qui ne permet pas de voir toutes les solutions qui s'offrent à la situation. Il s'agit de sortir du cadre rigide de nos pensées.
Changer la formulation peut permettre une meilleure écoute par exemple dire "pour le moment, plutôt que je ne peux pas ou je n'ai pas le temps" "en même temps plutôt que mais"
Choisir sans nier ni renier ce qui nous habite.
Renoncer à la peur et basculer dans la confiance par petite touches.
Oser le changement que de nombreuses petites peurs annihilent "Si je ne change pas, je meurs, si je ne me renouvelle pas, je meurs"
L'empathie c'est être présent à soi et aux autres
D'abord ne rien faire et écouter, puis porter notre attention sur les sentiments et les besoins de l'autre et refléter les sentiments et les besoins de l'autre.
Nos jugements sont l'expression tragique de nos besoins et nos besoins ont plus besoin d'être reconnus que satisfaits.
Nous avons appris à faire , pas à être.
Prendre soin, ce n'est pas prendre en charge, c'est l'aider à vivre ce qu'il a à vivre, c'est l'aider à entrer dans sa difficulté, dans sa souffrance pour pouvoir en sortir conscient que ce chemin lui appartient et que personne d'autre ne peut le parcourir.
4 valeurs importantes dans la CNV
le "respect" des sentiments et des besoins de l'autre comme les miens
l'"autonomie" nécessaire pour prendre le temps de vérifier ce que je ressens et ce que je veux
la "responsabilité" d'être à l'écoute des différents enjeux et tenter de prendre soin de tous les besoins en cause, pas seulement ceux de l'autre au détriment des miens ou inversement
la "force" de manifester mon désaccord et proposer une solution ou une attitude peut être tout à fait différente de celle qu'on me demande
La peur des conflits est toujours le besoin de sécurité affective.

Face à la colère
1 fermer notre bouche
2 accueillir toute notre colère et l'accepter en entier
3 identifier le ou les besoins insatisfaits
4 identifier les nouveaux sentiments
5 ouvrir la bouche pour "dire" notre colère à l'autre

3 mn 3 fois par jour d'écoute de soi-même sans jugement, sans conseils, pleines de présence de soi, faire le point de son état intérieur sans essayer de rien changer.
développer la gratitude pour les besoins comblés.
cultiver la paix à l'intérieur de nous mêmes.

corinne 69 03/03/2015 13:21

J'ai assisté dans le cadre de la semaine de la maternelle à cette conférence de Catherine Gueguen et j'avoue en avoir été bouleversée , c'est bien de pouvoir la revoir et surtout accompagné de tes commentaires ( informations sans culpabilité, bienveillance et patience y compris avec soi ce qui n'est pas une mince affaire ! ) et de la formation à laquelle tu contribues fortement. Mme Gueguen a parlé de la Communication Non Violente comme méthode sur laquelle s'appuyer pour apprendre à verbaliser les émotions de chacun. Quelqu'un connait et/ou applique ? Bonne journée.

isa 03/03/2015 11:45

c'est intéressant de lire ce que tu as retenu, de manière plus pragmatique, j'ai retrouvé ce que je savais déjà, c'est à dire qu'il ne faut pas crier, que nous sommes des modèles qui s'impriment dans la tête des enfants et qu'ils reproduisent, , qu'il est important de parler des émotions avec eux parce qu'ils ont besoin d'apprendre à gérer leurs émotions, que le non jugement est une attitude difficile à tenir mais que c'est la meilleure et puis j'ai appris que consoler un enfant participe à la maturation de son cerveau et que la colère des adultes retarde cette maturation. Je pense qu'en tant qu'éducateurs nous avons besoin de nous tenir informés sans nous culpabiliser, en reconnaissant qu'on peut faire des erreurs, ces positions bienveillantes ne sont pas évidentes, ça s'apprend et ça demande de la patience avec soi-même.